Pays de la diversité Culturelle
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Fête de génération en pays Ebrié

l y a quelques semaines, j'ai été invitée à une fête de génération en pays Ebrié. On était très bien installé, sur une terrasse, du haut de laquelle on avait une vue imprenable sur l'artère principale où se déroulait la procession. 

 

J'avais de la chance, car à côté de moi, un bon professeur - ma tantie qui nous invitait - me donna un petit cours de culture.

J'appris qu'initialement les Ebriés s'appelaient les "Tchaman" ou peuple "Atchan" ce qui veut dire "ceux qui ont été choisis", ou "les élus". Ils ont perdu leur nom au profit de "Ebrié", qui signifie "les gens sales", à la suite d'une bataille malheureuse avec leurs voisins Abourés de Moossou qui les surnommèrent ainsi par moquerie.
Les Ebriés représentent une ethnie qui vit au Sud de la Côte d'Ivoire, autour de la lagune qui porte d'ailleurs leur nom et qui la ville d'Abidjan d'est en ouest. Les Ebriés sont membres du groupe ethnique et linguistique Akan qui puise ses origines dans le Nord-Est du Ghana.
Leur société est basée sur un système de générations. Chaque génération est composée d'une période de quinze années. Chaque génération comprend quatre classes d'âge: les Djenou (les aînés), les Djongba (les puînés), les Agban (les cadets) et les Assoukrou (les benjamins). Les groupes de personnes nées dans  une de ces générations se considèrent comme des frères.

Chaque année, à la même période, une des générations organise une "Fatchué", c'est-à-dire cérémonie initiatique aux allures de fêtes, qui marque le passage d'une étape à une autre dans la vie des jeunes filles et garçons des classes d'âge qui compose une même génération. 
Cette tradition est vielle de plus de trois siècles.

LE MARIAGE EN PAYS SENOUFO

 

En pays Sénoufo, particulièrement chez les Nafara, un sous groupe localisé dans les sous-préfectures de Sinématiali, Napiélédougou, Karakoro et Komboro, le mariage en plus d’être une union entre un homme et une femme, est une alliance entre deux familles.
Comment célèbre-t-on cette union ? Cette question trouvera une réponse dans les lignes qui suivent.

I – Les différentes étapes du mariage.
Deux situations se présentent :
• La méthode traditionnelle de base,
• La méthode influencée par le modernisme.
1. La méthode traditionnelle de base.
* La demande de la main
Proposition de la famille maternelle
Le senoufo a un régime de succession matrilinéaire où l’enfant appartient à la mère et de fait à la famille maternelle. Les oncles maternels décident de tous ce qui le concerne
Le mariage ici de présente comme une alliance entre deux familles. Une famille A par l’intermédiaire du chef de famille appelé NERGBAGUI FOLO charge une tante maternelle de trouver une fiancée, qui soit respectueuse des coutumes, de bonne moralité et courageuse, à un neveu. Après enquête, elle propose des noms de jeunes filles en tenant compte de la renommée et des critères de la femme idéale précédemment cités. Le chef de famille après concertation décide de qui sera la fiancée du neveu. Dès cet instant, une délégation d’environs sept personnes maximum, est chargée de couper chacun un gros tronc d’arbre comme bois de chauffe qu’elle ira donner à la famille B (famille de la fille à fiancée). Le jour du dépôt du bois de chauffe, la famille B demande le motif pour lequel tout cet honneur à son égard.
Le bois de chauffe coutumièrement parlant représente une marque de considération pour qui le reçoit. La délégation par son porte parole qui doit être un sage (généralement un homme du troisième âge doit avoir la maîtrise de la parole (proverbe) demande la main de la fille pour le neveu.
La famille B répond en retour qu’elle avisera le chef de famille (même s’il est) question de pouvoir mener une enquête sur le prétendant et sa famille afin de déterminer s’il est l’homme idéal pour leur fille.
La délégation repart avec une invitation à revenir pour avec une réponse dans les deux semaines qui suivront. Si la réponse est positive alors s’en suit la formalisation de l’alliance.
Proposition de la famille paternelle
Le père avec le consentement de son chef de famille peut décider de donner une femme à son fils. Il choisit parmi ses nièces ou cousines celle qu’il juge idéale et lui fait la proposition de mariage. Il s’agit ici de mariage en famille. Une telle femme devient sacrée à tel enseigne qu’un divorce n’est pas autorisée quel que soit le mobil. En cas du décès du mari, elle reste dans la famille par lévirat c’est-à-dire accepter de prendre le petit ou grand frère, neveu ou oncle maternels du défunt mari pour époux sans tenir compte de l’écart d’âge avec tout ce que cela sous entend. La célébration de ce mariage se fait dès l’âge de la puberté. Des offrandes sont faites aux morts en vue de sceller l’alliance par le sang. Un ou plusieurs poulets et pintades sont égorgés en sacrifice et servis en dîner aux époux.
* Formalisation de l’alliance
La famille du prétendant est priée de faire une manifestation d’intérêt. Alors, un gros panier de grain de maïs, un morceau de savon, un complet de pagne, 5000 Fcfa pour la couture et de la pommade sont offerts par le prétendant.
Par ailleurs, les fiancés ont obligation d’aider chaque année aux travaux champêtres en alternance leurs belles familles maternelles et paternelles. Cette aide se fait en une journée en compagnie de classe d’âge et chaque année jusqu’à ce que les fiancées soient en mesure de vivre ensemble. Cependant durant les journées d’aide, la belle famille du fiancé restaure et donne 25 Fcfa et 100 Fcfa symboliques respectivement à chaque membre de la délégation et au fiancé.
Quant à la femme, sa belle famille restaure la délégation et donne à la fiancée un panier de maïs, une somme de 1000 Fcfa symbolique. Le fiancée doit lui offrir un complet de pagne chaque année avec 5000 Fcfa pour les frais de couture cela jusqu’à ce qu’elle habite avec lui.
* La Réunion du couple
A l’âge de la puberté, lorsqu’on constate que la fiancée est en âge de procréer, le fiancé avise le chef de sa femme maternelle dans l’optique de vivre avec sa femme. Ce dernier en informe le père avant d’envoyer une délégation en compagnie du facilitateur demander le rapprochement des conjoints. La belle famille se concerte et en réponse dit qu’elle avisera le chef de famille le temps de dénombrer le nombre d’animaux (poulet, soit pintade, soit cabri, mouton ou boeuf) à offrir aux ancêtres pour que l’union soit solide, durable et féconde. La délégation est invitée à prendre la réponse dans 2 semaines maximum. Le fiancé se charge par la suite à fournir les animaux. Les rituels faits une semaine après, le fiancé revient cette fois seul la nuit prétextant venir récupérer « la cage à poulet ». Gîte et couverts lui sont offert dans la case de la fiancée qu’il aura préalablement construit deux mois en avance : c’est sa première nuit avec sa fiancée où le mariage est consommé. De retour chez lui, il en informe son meilleur ami qui à son tour est chargé d’informer le chef de famille que le mariage est consommé. Sa fiancée est devenue sa femme. Il est donc libre de revenir chez sa femme autant que faire se peut. Un an après, il demande au chef de famille de sa femme de lui accorder la possibilité que sa femme vive avec lui dans son village. Cette délégation se compose de son meilleur ami et lui. S’il a l’accord, sa femme part le rejoindre chez lui.
2. Méthode influencée par le modernisme
Dans cette méthode, le choix ne s’impose pas au jeune homme. Il opère son propre choix et informe sa famille paternelle qui est chargée de faire les démarches (demande la main, la formalisation et le mariage). Le processus est plus accéléré car ici soit de quelqu’un qui va à l’aventure, soit de quelque qui veut célébrer un second mariage après le premier fait selon la méthode traditionnelle de base. Après le cadeau du bois de chauffe, on traduit l’aide et les animaux en valeur financière (environ 20 000 Fcfa) et tous les autres dons sont en nature (au minimum 02 complets de pagne ; des vivres comme indiqués plus haut). Cela fait, le fiancé dispose les jours qui suivent de sa femme.

 

Le mariage en pays baoule et agni 

 

 A mesure qu’on avance dans le temps, les us et coutumes des peuples africains se perdent dans les vastes océans de l’oubli. Les pratiques ancestrales qui devraient en principe servir de base à la construction d’une société moderne plus équilibrée ne sont que l’ombre d’elles-mêmes.

C’est dans le souci de contribuer à la sauvegarde de ces valeurs que Koundan Magazine se fait le devoir d’opérer un retour aux sources dans le domaine du mariage au cours de cette année 2014. Les  peuples Baoulé  et Agni inaugurent cette nouvelle rubrique consacrée aux valeurs traditionnelles du mariage. 

 

Le mariage, une affaire de famille 
Les  Baoulé et les Agnis font partie du grand groupe Akan originaire du Ghana. Ils vivent essentiellement au centre de la Côte d’Ivoire pour les premiers et à l’est du même pays pour les seconds. Comme chez la plupart des peuples africains, le mariage chez ces deux peuples n’est pas seulement  l’union entre deux individus, mais c’est surtout celle de deux familles. C’est pourquoi, la célébration d’un mariage est précédée de longues et patientes discussions entre les familles des futurs conjoints. Même si c’est l’homme qui fait le pas et décide d’épouser la femme, l’avis favorable de cette dernière est essentiel pour que le mariage ait effectivement lieu. A la différence d’autres peuples chez qui l’on impose un époux à la jeune fille ou une épouse au jeune en âge de se marier, il n’y a pas de mariage forcé chez les Baoulé et Agni.

Les différentes étapes du mariage traditionnel :

1- Le “Kôkô” ou la cérémonie des fiançailles 
Chez les deux peuples, le “Kôkô” est l’étape qui fait office de fiançailles. C’est ici que l’homme se présente officiellement aux parents de sa bien-aimée.  Si chez les Agni, une bouteille de Gin suffit pour célébrer les fiançailles, chez les Baoulé il en faut davantage. Généralement quatre (4) bouteilles de liqueur sont requises. Elles sont reparties comme suit : une bouteille pour la famille maternelle de la fiancée, une autre pour sa famille paternelle, la troisième pour la communauté des ressortissants du village (dans ce cas, la cérémonie a lieu en ville). La dernière bouteille est consommée sur place et sert de témoin pour les fiançailles.

2-Le mariage proprement dit 
Après le “Kôkô”, le mariage à proprement parlé est l’occasion d’une fête. Pour la dot, il faut souligner qu’avec le temps, les choses ont évolué chez les deux peuples. Les éléments énoncés ici ne constituent que des indications, car selon les époques et les régions des différences sont notables: 

La dot 
Chez les Baoulé : 
-  6 bouteilles de liqueur
- Un gros drap pour la mère de la fiancée ou «miébè »
- Un gros pagne pour le père de la fiancée
- Des complets de pagnes, des sandales appropriées, des bijoux pour la fiancé (la valeur est fonction de l’intérêt que l’homme porte à sa fiancée)
- 60000 fcfa au moins à la fiancée
- 80000fcfa pour aider les beaux-parents à recevoir les invités. 
En cas de divorce, aucun remboursement n’est possible.

Chez les Agni, la dot est constituée de :
-6 bouteilles de liqueur 
-Une somme de 6 060 FCFA reparties de la façon suivante : 6 000 francs pour le père et la famille et 60 francs à rembourser en cas de divorce.
-Du sel pour les tantes de la mariée
-Des boîtes d’allumettes à distribuer à l’assemblée présente
-On peut prévoir 5 000 F de part et d’autre en remplacement du paquet d’allumettes.
- De l’argent pour les frères de la mariée
-L’argent de l’accolade entre les époux.
-Des bijoux et pagnes de valeur,  de la poudre, du tabac
-3 complets de pagne, 3 foulards, 2 kodjo, 2 popelines blancs, peigne, parfum, 1 complet de pagne pour la belle-mère, 2 serviettes.

Si généralement la cérémonie des fiançailles (Kôkô) et celle du mariage proprement dit se font séparément, il est possible de  les condenser en une seule cérémonie. Quoique de nos jours, il n’est pas rare que l’on célèbre le mariage civil avant le mariage coutumier, la procédure inverse est celle conseillée. Selon les zones, il peut y avoir de légères modifications.

 

Traditions et modernisme : Abissa 2011 / Le peuple Nzima magnifie la solidarité et le partage

 

C'est reparti ! L'Abissa, la traditionnelle fête annuelle du peuple Nzima, pour son édition 2011, a débuté le 23 octobre dernier dans la cité balnéaire de Gand Bassam. Pour marquer l'entame de cette période importante, ponctuée par la promotion des valeurs, entre autres, de solidarité et de partage, la famille Nvavile, l'une des sept familles composant le peuple Nzima et qui possède la particularité d'avoir découvert la danse de Abissa a remis l' "Edo Ngole", le tambour sacré, à Sa Majesté Amon Tanoe, Roi des Nzima Kotoko. Ce geste montre le rôle éminent et central du Roi dans la célébration de l'Abissa. Comme chaque année, le comité auquel le Souverain Amon Tanoe fait appel pour l'organisation de la manifestation apporte quelques nouveautés pour ancrer la tradition dans la modernité. Pour l'année 2011, par exemple, le vendredi 4 novembre prochain, journée consacrée aux chefs, l'Abissa épousera l'ère du temps marquée par la renaissance économique du pays par la tenue d'un atelier avec pour thème : " l'Abissa, enjeux économiques pour la communauté Nzima". L'heure sera à la réflexion sur la problématique de création de richesses, d'emplois et la valorisation du patrimoine de la communauté Nzima. L'Abissa se déroule pendant deux semaines. La première est silencieuse, hormis le premier jour où le tambour sacré est envoyé à la clairière , en fin d'après midi, dans une ambiance dansante. Tout le reste de la semaine est consacré aux derniers préparatifs de la fête. La deuxième se caractérise par le déroulement de l'Abissa sur la place publique au "quartier France" de Grand-Bassam. Les deux apparitions du roi, pour passer des messages de cohésion et de paix, des déguisements, la mise en exergue des symboles de chacune des 7 familles, des processions, la danse, des chants critiques seront au menu.


En célébrant l'Abissa, le peuple Nzima perpétue une tradition qui leur viendrait de leurs lointaines origines égyptiennes. Les festivités qui ont débuté le 23 octobre dernier prendront fin le 6 novembre prochain. 

Jean- Antoine Doudou

Boubou

 

Parlons de modernité et de tradition. Dans certains pays, et particulièrement dans les pays d’Afrique, les traditions ont une grande importance dans la vie des gens. Le mot tradition peut englober plusieurs aspects. On peut parler de traditions culinaires, de traditions religieuses, de traditions nationales, ou encore de traditions vestimentaires.

 

Si on parle de traditions vestimentaires on se rend compte des spécificités qui sont propres à chaque pays. Les femmes sont les premières concernées par les traditions vestimentaires, et portent généralement les tenues traditionnelles pendant les fêtes telles que les mariages, fiançailles, naissances, fêtes religieuses…

Pagne

 

De nos jours, les femmes portent des vêtements traditionnels pour les fêtes et les occasions spéciales. Elles continuent à porter soit un boubou , un pagne, un bazin ou encore une abaya. Mesdames, choisissez le ou les tissus, qu’ils soient simples, unis, ou imprimés, et choisissez aussi les motifs et enfin la coupe de votre tenue en fonction de vos envies, de l’occasion, ou tout simplement de la saison.

 

Le boubou africain est de loin la tenue la plus réputée, et le grand boubou est souvent portée dans la vie de tous les jours. Le bazin occupe également une place importante de nos jours car les tenues s’adaptent à l’époque. Mesdames, découvrez sur Kaymu Côte d'Ivoire toute les tenues traditionnelles aux meilleurs prix !

 


LES BÉTÉ


Histoire des Bété

Les Bétés sont un peuple vivant dans le centre-ouest de la Côte d'Ivoire, notamment dans les régions de Gagnoa, Ouragahio, Soubré, Buyo, Issia, Saïoua, Daloa et de Guibéroua, dans ce qu'on appelle la « boucle du cacao ». Ils représentent environ 18 % de la population du pays, ce qui en fait la 2e ethnie du pays après les Baoulés . Appartenant au groupe culturel des Krous comprenant les Wés et les Didas, les raisons de la migration des Bétés demeurent inconnues. Certains Bétés migrèrent dans la région de Divo pour se fondre dans une population autochtone et former une autre ethnie, les Didas. Aux Bétés se rattachent les Kouya, les Niédéboua, et les Niaboua. La langue est différente que l'on soit à Gagnoa ou à Daloa, de plus les Bétés de Gagnoa ont une organisation sociale marquée par les Akans et les mandes du sud voisins, ils ne connaissent pas de masque, tandis que ceux de Daloa et d’Issia en contact avec les Wés ont une institution du masque. Ils sont, avec les Senoufo, l'un des peuples les plus anciens du territoire dénommé "Côte d'Ivoire" dès 1893.

Origines

Les Bétés constituent à la fois la population la plus importante du monde Krou de Côte d'Ivoire et celle qui occupe son espace de la manière la plus dense. Néanmoins certains ethnologues et anthropologues les font venir du Libéria (Maurice Delafosse) ou du Ghana (Jean-Pierre Dozon) ou même du Nigéria

Population

Le peuple Bété est composé de 93 tribus, correspond tantôt au clan, tantôt à une fédération de lignages moyens

Culture

En dépit de quelque variantes notées, il y a un fond culturel commun. Le culte du bagnon est présent dans toutes les régions bété. Chaque village a son bagnon. Il est désigné selon des critères physiques et moraux. Il est respecté et consulté en raison de sa vie exemplaire. On lui voue un véritable culte. La production artistique est riche et variée. Elle est dominée par la danse et la chanson. Elles régissent les événements, heureux ou malheureux, de la vie sociale. Chaque région a son pepe ou tite, semaine artistique tournante qui rassemble plusieurs villages. Il existe plusieurs rythmes musicaux en pays bété notamment (le Towoulou, l'Alloukou, le Ziglibithy, le Gbégbé, etc.)

Tenue traditionnelle

Les Bétés portent un pagne traditionnel appelé tapa ou gloko en Bété de Daloa. Le nom tapa est du au fait que ce tissu d’écorce d’arbre s’obtient après plusieurs tapes. Le tapa s’obtient selon les étapes suivantes : abattement d’arbre, extraction de l’écorce du bois, frappes multiples sur l’écorce d’arbre jusqu’à dilatation de l’écorce pour donner le tissu, séchage au soleil et enfin teinture selon le goût

Ecriture Bété

Frédéric Bruly Bouabré a créé l'alphabet Bété, il extrait de la langue Bété 400 mots monosyllabiques et les représente sous forme de pictogrammes. Seuls quelques initiés pratiquent cette écriture mais les dessins de Bruly circulent dans les musées du monde entier

Matriclans chez les Bétés

Les Matriclans (Lêlé) existent chez les Bétés de Gagnoa. Le lêlé est une organisation parentale (matrilinéaire) qui prend a contre-pied l'organisation parentale (patrilinéaire) prépondérante en pays Bété. Cette organisation parentale est très répandu chez les Zédi, les Zabia et les Gbadi. Toutefois les Nékédi, les Niabré (Gnébré), les Paccolo et les Guébié ne la méconnaissent pas, car certains de leurs ressortissants (ceux qui ont une mère issue de l'une de ses trois tributs précités) se réfèrent à leur matriclan. Il faut aussi noté que le lêlé existe également chez les Didas(Yourou).

Les matriclans varient de 6 à 7 parfois 8 selon les villages, on distingue les Gatoua, les Têkpêtoua, les Médétoua, les Datoua, les Litoua, les Doutoua. Il est donc claire que chacun des Lêlé regroupe chacun des milliers de personnes. Le nom de ces matriclans est celui des six ancêtres féminines dont la connexion généalogique avec les mères vivantes sont impossibles à établir, il s'agit de figures mythique donnant lieu à une grande variété de récits.

Le lêlé c'est d'appartenir a une fratrie, on es membre de cette fratrie par sa mère. Par exemple si un Datoyou épouse une Têkpêtohonon, leurs enfants seront des Têkpêtoua. Enfin, il faut noté que les hommes et les femmes d'un même lêlé sont considérés comme frères et sœurs, ce qui a pour effet d'empêcher une éventuelle union conjugale (ce n'est pas un véritable interdit matrimoniale, ceux qui souhaite passé outre doivent faire un sacrifice d'animale pour éviter la stérilité du couple)

L'Organisation réligieuse chez les Bété

Elle porte sur les anciens cultes et les nouveaux qui préoccupent la communauté. De tradition, les Bété sont animistes ou fétichistes. C'est-a-dire qu'ils distinguent un monde invisible environnant avec lequel on peut, par artifices divers, communiquer ; et un monde visible qui ne cache pas moins certaines de ses manifestations qu'il faut également requérir.

Le premier monde comprend Dieu unique, dans son genre, et les autres esprits incluant les morts et assimiles. Le second monde s'apparente a l'univers humain, animal, végétal et minéral. Le fétichisme ou animisme en vogue chez les Bété est issu de cette volonté de s'entourer de la bénédiction des deux mondes, par 1'association d'éléments matériels donnes, par une démarche prescrite, par une parole émise, sur les conseils ou la conduite d'un tiers, qui peut être une personne qui se propose a cette fin, ou alors, a l'occasion d'un songe ou d'une révélation quelconque.

Quant à la sorcellerie, aussi bien connue du peuple bété, elle revient a prendre le contre-pied du fétichisme en n'appelant plus la bénédiction du monde visible et invisible, mais sa malédiction sur le tiers. Ils sont très pragmatiques dans le domaine des cultes ou ils recherchent la solution a leurs préoccupations jugées insurmontables par la voie humaine.

Personnalités d'origine bété



SPORTIFS



Didier Drogba


 

Richard Dacoury
Jean-Jacques Gosso
Eliane Droubry
Wilfried Bony
Stéphane Sessègnon
Cyril Domoraud
François Zahoui
Thierry Dusautoir
Basile Boli
Didier Otokoré
Delmas Obou
Didier Zokora
Priscilla Gneto
Max Gradel
Thierry Doubaï
Alain Gouamene
Alain Digbeu
Jennifer Digbeu
Serge Gnabry
Serge Aurier
Wilfried Zaha
Jean-Jacques Tizié
Ernest Kallet Bialy
Serge Maguy
Gadji Celi
Junior Tallo
Wilfried Kanon

 

ECRIVAINS



Laurent Gbagbo
Zacharie Séry Bailly
Joachim Bohui Dali
Bernard Zadi Zaourou
Pierre Kipré
Innocent Naki
Michel Gbagbo
Josué Guébo
Lassane Zohoré
Israël Guébo
Lebry Leon Francis

 

MUSICIENS



Dobet Gnahoré
Ernesto Djédjé
Béta Simon
Amédée Pierre
Gadji Celi
Bailly Spinto
Reine Pélagie
Paco Sery
Dj Debordo
Kaaris
Serge Beynaud
Claire Bahi

 

ACTEURS



Michel Bohiri
Michel Gohou
Amélie Wabehi
Claudia Tagbo
Djedje Apali
Tatiana Rojo
Clementine Papouet
Jeanne Tessia
Oupoh Dahier
Léonard Groguhet
Shirley Souagnon
Guédéba Martin
Decothey

 

PERSONALITÉS POLITIQUES



Laurent Gbagbo
Victor Capri Djédjé
Blé Goudé
Victor Biaka Boda
Alphonse Djédjé Mady
Bernard Zadi Zaourou
Sébastien Djédjé Dano
Marcel Zadi Kessy
Charles Bauza Donwahi
Denis Bra Kanon
Maurice Séri Gnoléba
Paul Antoine Bohoun Bouabré
Désiré Asségnini Tagro
Maurice Kakou Guikahué

 

Le peuple Akan

 

 

LES AKANS.

 


On dénombre aujourd'hui plus de 60 ethnies diffrentes en Côte d'Ivoire L'une des 4 grandes familles ethniques situé au Sud et à l'Est est celle des AKAN.

Le Sud et l'Est de la Côte-d'Ivoire sont occupés par différentes branches de la famille Akan (Frontaliers, Lagunaires et Baoulé-Agni). On les retrouve aussi dans les pys voisins du Ghana, au Togo et au Bénin.

En Côte d'Ivoire même, on compte trois grands groupes Akan : Les Akan frontaliers, à l'Est du pays. Ces populations se retrouvent de part et d'autre de la frontière du Ghana et de la Côte-d'Ivoire . Ce sont : les Abron(Ahenfi, Foumassa, Pinango, Akidom), les Agni(Bini, Bona, Indni, Morofw, Sanwi), les Juaben(Diabè), les Essouma et les Nzima(Ajomoro, Guira, Ahanta).

Centres urbains : Abengourou, Bondoukou, Aboisso, Bongouanou, Krindjabo, Mafr, Ayam, Assufri, Transua, Arrah, Nguim, Nouamou .

Les Akan du centre. C'est la grande famille des Baoulé : (Ouarebo, Agba, Ngban, Faafou, Nzikpri, Aätou, Nanafou, Saafou, Akouè, Ndranoua, Satikran, Goli, Ayaou, Anno et Annoabè). On les trouve dans les grandes villes du centre autour de Bouaké : Dimbokro, Toumodi, Tibissou, M'Bahiakro, Tiassal, Daoukro. . .

Les Akan lagunaires sont sur les côtes de Sud. Le terme lagunaire donné à ces ethnies vient du fait qu'elles sont installés tout autour du vaste complexe lagunaire formé par le Lac Ebrié. On pense aux villes si typiques d'Aghien et celle de Grand-Lahou. Ce sont : les Abè(Mori, Tchofou, Abv, Khos), les Abidji, les Abour(h, hiv, Ossouon), les Aky(Lepin, Bodin, Ketin), les Adioukrou, les Avikam, les Alladian, les bri(Bidjan, Kwè, Songon, Niangon, Yopougon, Bya, Nonkwa, Bobo, Adiapo),les Ewotire.

L'organisation politique des Akan lagunaires repose en grande partie sur les classes d'âge qu'ils ont su mieux organiser que les autres Akan (Adioukrou, Aky, Abour, bri). Le calendrier des Akan lagunaires est basé sur une semaine de six jours. On les retrouve naturellement à Abidjan, Agboville, Bingerville, Grand-Bassam, Dabou, Adiak, Grand-Lahou, Orbaff, Ousrou, Dibremou, Memni, Alp.


L'ORIGINE DES AKANS

Selon E. Meyerowitz, les fondateurs des États Akan furent des descendants des Dia ou Za, des Berbères de Libye et des Gara, qui étaient installés dans la région du Tibesti . Aux alentours du XIème siècle, ils auraient émigré vers le Sud, sous la poussée des Touareg, eux-mêmes repoussés par les Arabes lors de la conquête de l'Afrique du Nord. Ces premiers ancêtres se fixèrent tout d'abord dans la boucle du Niger, où ils firent souche et se mêlèrent aux autochtones nègres. Or après l'islamisation des Berbères, le premier noyau du groupe akan dut, une nouvelle fois s'exiler encore plus au Sud, parmi les Grusi.

Pour Baumann et Westermann, la civilisation de ces peuples leur a été imposée par des groupes d'une race dominante à matriarcat venus du Nord qui ont conquis cette partie de la côte; Ces conquérants étaient visiblement apparentés, en premiers ligne, aux dynasties à matriarcat des grands États soudanais, et en seconde ligne, aux Libyco-Berbères(à matriarcat)de l'Afrique du Nord.

Notons en passant que Meyerowitz et Baumann ne donnent pas les raisons qui les font dire que les Akan descendent des Berbères Dia et Za . Pour J. Ki-Zerbo : "Vers l'an 500, dit une autre légende, des princes Berbères ou des Arabes ou Yémen seraient arrivés sur les bords de la boucle du Niger et ils auraient débarrassé les riverains(pêcheurs Sorko et paysans Gabibi) de la terreur d'un poisson-fétiche, dont les pêcheurs Sorko se servaient pour extorquer de substantielles offrandes à leurs compatriotes cultivateurs, les Gabibi. Ces clans semblent être remontés du Dendi en aval du Niger, où ils avaient baptisé les deux rives ouest et est, respectivement le Gourma et le Haoussa; ils seraient parts originellement des parages du Tchad... Vu la minceur de cet apport extérieur, trois personnages selon la légende du Yémen, quelques groupes de commerçants, d'après Al-Bakri, durent être assimilés rapidement par les Songhaï".

L'opinion de Meyerowitz et de Baumann repose sur le fait que des populations d'origine berbère, connaissant le matriarcat, seraient descendues au Sud; Et comme les Akan connaissent un régime parenté à peu près similaire, ces auteurs n'ont pas, un seul instant, manqué d'affirmer que ces purs nègres étaient des descendants des Berbères. Cette conclusion est discutable dans la mesure qu'elle ne porte d'une part que sur un seul fait, et d'autre part la matrilinéarité n'est pas le régime de parenté des seuls Akan; En effet, hors de la région forestière, des populations de la savane ivoirienne(Djimini, Tagwana, Koulango et Lobi)connaissent ce système de filiation. Plus loin en Afrique Centrale, la grande famille des Bacongo(Bantou) est également matrilinéaire, ainsi que des groupements humains moins importants.

L'histoire et la sociologie apprennent que si des populations animistes changent facilement de religion, d'habitudes de vie et de nom, il n'en est pas de même des communautés chrétiennes et musulmanes. Nulle part en Afrique de l'Ouest on ne signale la présence de populations islamisées de longue date (Berbères, Touaregs et Maures) retournées purement et simplement à l'animisme. Les populations d'origine Peul intégrées aux communautés nègres de Mauritanie, du Sénégal, du Mali, de la Guinée, du Niger et du Burkina Faso ont conservé leur langue, leurs noms et leur religion . Le twi, langue des Akan, est différent des langues sémitiques de l'Afrique du Nord; La grande majorité des populations akan et leurs chefs restent encore animistes.

Le peuple Akan, jusqu'à preuve du contraire, n'est le produit d'aucun métissage de race, à l'opposé des peuls, des Touaregs et des Maures. L'opinion des Akan, quant à leur origine, reste différente des versions mentionnées plus haut; leur tradition orale ne mentionne nulle part que ce peuple descend des populations de race blanche. Ils reconnaissent cependant que leurs ancêtres venaient du nord, d'une région ou d'un pays appelé Agniwan-gniwan. De nombreuses localités portent ce nom tant au Ghana qu'en Côte-d'Ivoire... D'autres estiment que si ces localités portent ce nom, c'est en souvenir du pays d'origine situé plus loin dans le temps et dans l'espace.

Les Akan reconnaissent avoir connu de nombreux déplacements en Afrique de l'Ouest. On ignore à quel moment les premiers Akan s'installèrent dans le golfe de Guinée, mais nous savons de façon certaine que les chercheurs miniers de la SODEMI d'Abidjan ont mis à un jour, dans les régions lagunaires de la Côte-d'Ivoire, des restes humains non pygmoïdes associés à des objets d'art en or d'origine Akan. Ces éléments archéologiques furent envoyés en Suède, à Upsala, pour être étudés : le carbone 14 révéla que certains éléments humains étaient vieux de plusieurs siècles avant notre ère (vers -1200) ce qui montre que les ethnies Akan existaient donc déjà en Côte-d'Ivoire il y a 2000 ans.

A l'arrivÌe des remiers Portugais en 1474, les diffÌrentes populations Akans Ìtaient organisÌes en petits royaumes indÌpendants qui dominaient la régions du Sud de la Côte d'ivoire actuelle.

Source lecointe.catherine.free.fr

 

 

LES DIFFERENTES FETES CHEZ LES AKANS

 

 

LE PEUPLE ABBEY (Agboville, Azaguié, Rubino): Fete des igname  à agboville (se déroule en septembre)

LE PEUPLE ABIDJI (Bécédi, Gomon, Sikensi): Fête du Dipri (Avril); Fête du Dipri (Mai); Fête du Dipri (Juin); Fête des Ignames (Aout)

LE PEUPLE ABRON (Bondoukou, Assueffry, Tanda, Transua): Fête des maïs à Yézimala (juillet); Festival de danse et musique du zanzan (Août); Fête des Ignames (Septembre); Fête des Ignames (Septembre) NB : Village du roi des AbronFête des Ignames d’Hérébo (Octobre)

LE PEUPLE ABOURE (Bonoua, Adiaho, Ebra, Moossou, Vitré1, VitréII, Yaou): Popo carnaval de Bonoua (Mars); Fête de Génération (juin)

LE PEUPLE AGNI (Aboisso, Adiaké, Abengourou, Agnibilékro, Arrah, Ayamé, Béttié, Bongouanou, Koun-Fao, M’Batto, Tiassalé, Prikro): Fête des Ignames, Féticheuses de Tanguelan (Janvier); Fête des Ignames à Apouéba (Aout); Fête des Ignames (Décembre)

LE PEUPLE AHIZI (Dabou, Jacqueville,Tiagba): Fête du Jour de l'An chez le Prophète Papa Nouveau (Janvier); Papa Nouveau (Aout); Papa Nouveau (Septembre)

LE PEUPLE ADJOUKROU (Dabou): Fête de l'Ebeb, Fête de Moisson (Janvier); Yablé : Fête des Ignames (Février); Fête du Dipri (Juin); Fête de la Commémoration des Morts à Ayold (juillet); Fête des ancêtres ou fête des Lawou (juillet)

LE PEUPLE ALLADIAN (Jacqueville): Fête du Jour de l'An chez le Prophète Papa Nouveau (Janvier)

LE PEUPLE APPOLO ou N'ZIMA (Adiaké, Bassam, Eboko, Eboinda, Tiapoum): Fête de Génération (Avril); Abissa (Septembre); Abissa (Octobre)

LE PEUPLE ATTIE OU AKYE (Adzopé, Agou, Afféry, Alépé, Akoupé, Anyama, Bacon, Boudépé, Memni, Yakassé-Mé, Yakassé-Attobrou): Fête de Génération (Janvier); Fête annuelle de Génération (Août)

LE PEUPLE BAOULE (Bouaké, Bouaflé, Botro, Toumodi, Béoumi, Bodokro, Daoukro, Diabo, Dimbokro, Didiévi, Bocanda, Tiébissou, Tiassalé, Brobo, Kouassi-Kouassikro, M’Bahiakro, Ouélé, Sakassou, Yamoussoukro): Carnaval de Bouaké (Mars); Paquinou (avril)

LE PEUPLE EBRIE (Abidjan, Bingerville): Fête annuelle de Génération (Aout); Fête des Harristes (Novembre)

 

LA ROYAUTE CHEZ LES AKANS

Les peuples akan installés en Côte d’Ivoire que sont entre autres les Agni, les Baoulé, les Attié, les Bron, les Abouré se désignent eux-mêmes sous le vocable Kotoko c'est-àdire guerrier. Ils parlent une langue apparentée à l’ashanti, frappent de la même manière le tam-tam parleur attoungblan et disent venir de la même origine : Anyuan-nyuan signifiant « du sable à l’infini » (Samson 1971, p. 75). Venus par vagues successives de l’actuel Ghana, les Agni et les Baoulé fondèrent des royaumes au début du XVIIIe siècle dans le sud-est et dans le centre de la Côte d’Ivoire.

Le Royaume Agni

Le royaume sanwi

Loucou (1984, p. 159-160), Wondji (p. 114-115), Allou (2001- 2002, p. 624-639) et la tradition orale (Entretiens réalisés le 20 août 2012 à Krindjabo) nous apprennent que le royaume de Krindjabo ou Sanwi – composé de Sa (guerriers) et nvi ou Nfi (au milieu) c’est-à-dire au milieu des guerriers –, est l’oeuvre d’Aka Esoin (Aka Siman Adou Kpanyi). Originaires du Ghana actuel, le point de départ des Agni Sanwi est situé sur la rivière Efé (affluent du Pra) précisément entre la Volta blanche et la Volta noire. Ils partent de leur berceau primitif à la suite de discordes qui conduiront à leur domination par le Denkyra. Le peuple était conduit par Amalaman Ano et Aka Esoin, de la famille régnante des Aoukofowè, et de leurs soeurs et reines Assamala Dihyè et Ago Dihyè. Les Brafé se dirigent vers le sud, franchissent la Tanoé et finissent par s’installer sur les bords de la Bia au nord de la lagune Aby dans la région d’Aboisso. Aussi est-il indiqué de souligner que, dans leur migration, une fois en territoire de Côte d’Ivoire, le groupe va se scinder en deux parties. Le premier groupe suit le cours de la Tanoé jusqu’à la mer et le cordon littoral vers l’ouest. Il pénètre en territoire Eotilé-Essouma et fonde le village de Bangadjo non loin d’Assinie. Le second groupe arrive en pays agoua par Dibi et migre vers Aboisso près d’Aliékro, chef-lieu des Agoua, et crée Krindjabo (qui veut dire sous l’arbre Krindja), sa capitale, entre 1720 et 1725. L’installation à ce lieu-dit, plus sécurisé car, pour l’atteindre, il faut traverser la Bia à la nage, fait suite au regroupement dans la forêt de Siman d’où une épidémie les en délogera. Solidement fixés, les Sanwi mettent en valeur les terres et agrandissent le royaume par des expéditions militaires. Ils conquièrent ainsi vers la fin du XVIIIe siècle un territoire bordé au nord par le cours du Songan, au sud par l’océan Atlantique, les lagunes Aby, Tendo et Ehy, à l’est par la frontière du Ghana, à l’ouest par la Malamala. Les Brafé étaient organisés, du fait de l’état de guerre permanent contre les Eotilé, les Mgbatto, les Ébrié de Bingerville et les Abouré de Bonoua, en dix-sept compagnies. Celles-ci étaient réparties à leur tour en trois groupes : le front atembré dont le chef militaire directement responsable devant le Roi résidait à Assouba ; l’aile droite famaso avec pour chef un militaire responsable devant le chef de Kouakro ; l’aile gauche beso dont le chef militaire, par ailleurs chef du quartier Yakassé à Krindjabo, était responsable devant le chef d’Ehian. Chaque chef de guerre portait le titre de Sahina (Sahena/Sahene) et avait sous ses ordres des lieutenants chargés de transmettre ses directives. Tous ces dignitaires étaient sous les ordres du Roi de Krindjabo. Le Sanwi est aujourd’hui amputé des cantons regroupant Tiapoum et les Eotilé, et n’est plus constitué que de six cantons qui remplissent des missions bien définies. Ainsi Adjouan assure la formation des futurs Rois et la préservation de la lignée royale ; Assouba, le législateur valide, entérine le choix du Roi et l’intronise ; Krindjabo est le siège et la capitale du royaume ; Assinie est le lieu par excellence de vacances des Rois ; Kouakro et Ayamé (aidés par Adaou) veillent sur l’intégrité des frontières du Sanwi. Aujourd’hui l’organisation traditionnelle du royaume se compose du Roi, qui se trouve au sommet, suivent les six chefs de cantons, qui ont sous leur responsabilité un ensemble de villages. Chaque village (Koffikro, Bafia, Kotoka, Kokorandoumi, Toliesso, Dadiesso, Niamialessa, Mpossa, Aboulié, Kouakro, Maféré, Afiénou, Adjouan, Eyessebo, Aliékro, Assouba, Aébo, Adaou, Krinjabo), est dirigé par un chef de village qui rend compte à son chef de canton. Les notables, issus des sept familles royales (Aoukofowè, Aka Esoin, Ano Assoman, Amalaman Ano, Attokpora, Bossoman, Bossôabli), sont les conseillers du Roi et à ce titre font partie de la cour du Roi. Le royaume occupe la pointe sud-est du pays et couvre 6 500 km². Il est délimité au sud par l’océan Atlantique ; à l’ouest par les sous-préfectures de Grand-Bassam et de Bonoua ; au nordouest par le département d’Abengourou ; à l’est et au nord-est par le Ghana. Le royaume est dirigé depuis le 7 août 2005 par Sa Majesté Amon N’Douffou V.

Le royaume ndényé

Le royaume ndényé ou n’dénéan se présente comme une confédération constituée des groupes Anikylé, Assonvo, Béttié, Abradé, Denkyira, Ahua, Agnagaman, Féyassé et Alangoua fixés à l’origine à Anyuan-nyuan, dans le sud du Ghana actuel. Chassés du Denkyra en Gold Coast, ils s’établissent par vagues successives entre 1700 et 1730, au nord des Sanwi et sur la rive gauche de la moyenne Comoé dans la région d’Abengourou (Wondji p. 114-115). Le chef de file de cette émigration dite des Takiman était Ahy Bahié. Abengourou – ou « Mi Pekro » c'est-à-dire « Je n’aime pas les histoires » – centre principal de ce royaume, fut créé à la fin du XVIIIe siècle, par Mian Kouadio, un membre de la famille des Anikylé. L’unification du royaume intervient sous son successeur, Amoakon Dihye II. Les Anikylé, se déplacèrent de Sanan Ehoué à Zaranou, les Assonvo à Ebilassokro ; les Béttié en bordure de la Comoé où ils forment une principauté-tampon entre le Ndényé et le Sanwi gouverné par les matriclans Apesemondi (matriclan royal), Eciawa et Dyabakuro ; autour de Béttié se trouvent les Abradé à Abradinou, les Denkyira et Alangoua à Ehuasso, les Ahua à Aniassué, les Agnagaman autour de Zamaka, les Féyassé à Yakassé (Aka 2007, p. 9, Gohou, Seya 1974, p. 4). Les cantons et les villages qui composent le royaume sont les suivants :
Canton Amélékia — Amélékia, Zébénou, Kotienkro, Kouadiokro, Améakro Elinso, Tahakro, Konankonankro, Amanguakro, Amanikro ;
Canton Aniassué — Aniassué, Kodjinan, Ettienkro, Amiankouassikro, N’Grakon, Agbakro, Alluikouankro, Kabrankro, Assemanou, Satikran, Amangouakro, Anougbakro, Anékouadiokro, Ahinikro, Assakro ;
Canton Béttié — Béttié, Aka-Comoèkro, Diamalakro, N’Zikro, Akrébi, Abradinou, Anékro, M’Mragnisso, Ewassoborobo, Attiékro, Yérèdougou, Saib ;
Canton Niablé — Niablé, Affalikro, Diangobo, Zouhounou, Abronamoué, Assékro, Angouakro, Kouakoun’dramankro, Brindoukro ;
Canton Yakassé—Yakassé,Sankadiokro, Zinzénou, Zamaka, Kirifi, Padiégnan, Apprompronou, Eboissué, Yaobabikro, Kouaméziankro ;
Canton Zaranou — Zaranou, Bossématié, Bokakokoré, Apoisso, Apouèba, N’Dakro, Prakro, Takiman, Kouadiokro, Kouakoukro, Blékoum, Soukou-Soukou, Mafia, Bébou, Ehuassomrasso, Ebilassokro, Akati, Apprompron, Moussakro, Adamakro, Assidjan, N’Guessankro.
Les cantons et les villages sont dirigés chacun par un chef. Le chef de canton est le supérieur hiérarchique du chef de village.
La société traditionnelle indénié comprenait les nobles Dihyé d’où proviennent les hommes politiques et les chefs de canton, les chefs de village et les chefs de cour ; les hommes libres, classe de provenance des porte-canne ou messagers du Roi tchanmin ; les esclaves kanga plus ou moins intégrés dans la famille de leurs maîtres. Tout ce monde était coiffffffé par le Roi (Kindo-Bouadi s.d, p. 11-12 et p. 25 ; Noufé 2011, p. 110- 112). Le royaume à l’époque précoloniale était tributaire de l’Ashanti. Ce royaume contrôlait le choix des chefs, jugeait en appel, percevait un tribut en poudre d’or. Les Ndényé s’étaient accommodés de cette situation, de peur d’être envahis par les Ashanti (Loucou 1984, p. 160). Leroyaume aujourd’hui comprend quatre principaux paliers. De haut en bas : le Roi, le conseil des chefs de canton et leurs porte-canne, les chefs de village et les chefs de cour. La cour royale comprend le gardien du trône, qui sécurise et procède aux sacrifices des trônes, le portecanne, le parasolier, le chasseur de mouche, le secrétariat et le chef du protocole. L’organigramme interne de la cour du Roi permet de mieux percevoir cette organisation.

SOURCE "Carnet FATOM sur la royauté en Côte d'Ivoire suivi de les petits métiers féminins à Abidjan"

Le peuple Mandé ou Mandingue

 

 

LES MANDES.

Dans le Nord-Ouest et l'Ouest de la Côte d'Ivoire, nous rencontrons la zone Mandé; elle-même scindée en Manding ou Mandé du Nord ( Bambara, Dioula, koyaka, Mahouka) et en Mandé du Sud (Dan, Gouro, Gagou). Hors de la Côte-d'Ivoire, les Manding occupent d'immenses étendues, soit une fraction du Burkina Faso, la majorité du Mali, la moitié de la Guinée, presque toute la Gambie et de larges secteurs de la Sierra Leone et du Sénégal.

Les Mandé du Sud occupent toute la frange forestière, en Guinée, au Libéria et jusqu'en Sierra Leone.

La classification faite au sujet des diverses ethnies que l'on rencontre dans l'Ouest et le Nord-Ouest de la Côte-d'Ivoire, et que l'on regroupe habituellement sous le nom de Mandé est une classification d'ordre purement linguistique; car ces peuples parlent effectivement des langues dont la parenté est certaine . En dehors de ce domaine linguistique, ce regroupement n'a cependant aucune valeur pratique dans la mesure où il met en présence des peuples de cultures et de traditions différentes; en effet il ya des millénaires, tous ces Mandé ont joué en commun un rôle majeur pour la civilisation Ouest-Africaine, contribuant à diffuser successivement l'agriculture, le fer et bien d'autres innovations capitales . Mais depuis lors, l'histoire les a fait tellement diverger qu'il n'est pas possible de les traiter en bloc .

Les deux grandes familles Mandés que l'on trouve en Côte-d'Ivoire sont d'une part les Mandé du Sud , les plus anciens, qui occupent les franges de la forêt; et d'autre part les Manding , qui sont des Soudanais typiques, liés aux grands empires médiévaux de la vallée du Niger.

Sources et Documentations: I.L.A - Institut de linguistique appliquée 

HISTOIRE DES MANDES.

Les Soninkés établissent l'Empire du Ghana, ou du Wagadou, à partir du iiie siècle. Entre le xie et le xiie siècle, le clan des Keita unifie les peuplades mandingues. puis au début du xiiie siècle, ils construisent l'Empire du Mali sous la direction de Sundjata Keïta qui les libère de la domination du Royaume de Sosso de Soumaoro Kanté et proclame la Charte du Manden. Les Mandingues ont constitué de nombreux royaumes qui ont perduré jusqu'à la fin du xxe siècle avec la colonisation européenne, parmi les plus connus :

Les royaumes bambaras de Ségou et de Kaarta, au Mali.
Le Kaabu, entre le Sénégal et la Guinée-Bissau.
Le Royaume de Diarra, entre la Mauritanie et le Mali.
Le Galam, ou Gadiaga, au niveau du fleuve Sénégal.
Le Khasso, à l'ouest du Mali.
Le Niani, Woulli, Bambouk, dans le Sénégal oriental.
Le royaume du Wassolo, de la Guinée au Burkina Faso.
Le Mandé est considéré comme le pays d'origine des Mandingues, au sud du Mali. Les Malinkés, ont donné naissance à de nombreux groupes mandingues: Les Bambaras, les Soussous, les Khassonkés, les Diakhankés, les Dioulas.

LA RELIGION

À l'origine les Mandingues pratiquaient tous la religion traditionnelle. Entre le viiie et xe siècles, les Soninkés sont les premiers Mandingues à se tourner vers l'islam, en particulier ceux de la noblesse de l'Empire du Ghana. Ce sont les commerçants Arabo-Berbères venus du nord, qui apportèrent l'islam chez eux. Durant l'empire du Mali, Soundjata Keïta se convertit à l'islam, entraînant ainsi la conversion de nombreux groupes malinkés. Mais l'islam restait encore la religion des nobles. Avec l'islam naîtront des communautés mandingues maraboutiques en particulier les Dyula et les Diakhankés. Cependant la religion traditionnelle d'origine reste bien plus pratiquée, par la majorité des Mandingues, jusqu'au xixe siècle, où le prosélytisme des musulmans envers ceux pratiquant la religion traditionnelle, se fait de plus en plus ressentir. Aujourd’hui la quasi-totalité des Mandingues sont musulmans, mais selon les divers groupes, les rites et les croyances traditionnelles ont plus ou moins été conservés.

Dans la religion traditionnelle mandingue, Dieu est appelé Maa Ngala. Dans la religion traditionnelle, Dieu étant trop élevé pour l'invoquer directement, les ancêtres et les esprits sont les entités auxquels les prières sont adressées; ils constituent les intermédiaires entre dieu et les hommes. Dieu est présent dans la totalité de la création. Chez les Mandingues, les Komotigui sont les hommes ou femmes ayant atteint les plus hauts niveaux de la connaissance spirituelle. Pour devenir Komotigui, l'initiation est une condition sine-qua-non. Selon les différents groupes initiatiques, comme celle du Komo ou du Nama, la durée de l'initiation est plus ou moins longue. En général il s'agit d'un cycle de sept fois sept ans, puis d'un nouveau cycle de même durée. Pour bénéficier des bienfaits de la création, le respect des interdits, l'hommage à Maa Ngala. Prières, offrandes aux entités intermédiaires (ancêtres et esprits), individuellement, en famille, ou lors des différentes cérémonies religieuses, sont les actes qui ponctuent la vie spirituelle mandingue. L'homme n'est pas considéré en tant que tel s’il n'est pas passé par le rite de la circoncision. Dans la spiritualité traditionnelle, il n'y a pas de séparation entre la spiritualité et le profane, tout est régi selon les lois spirituelles, de la naissance qu'à la mort, où l'âme de l'être ayant été exemplaire sur terre rejoint le monde de Dieu et des ancêtres. Chaque famille est reliée à un animal totem, chose qui entre dans le cadre du respect aux êtres, créatures de Dieu possédant la parcelle divine. C'est selon les classes d'âge Ton, que l'ont apprend les divers aspects de la vie et les règles de vie, toujours selon les règles spirituelles, afin d'être un individu accompli dans la société.

REPARTITION

Le groupe mandingue regroupe un ensemble culturel qui compte 27 variantes dialectales classées en deux groupes :
Mandingues occidentaux : Sarakhollés ou Soninké, Mandingues du Sénégal oriental (Mandingo), Badibunke du Kombo (Gambie), Pakawunke du pays de Sédhiou (Sénégal), Woyinké du Kaabu (Guinée-Bissau)..., Mandingues orientaux : Bambaras et Khassonkés du Mali, Malinkés de Guinée et Malinkés( Odiéneka, koyaka, mahoca, Mangoro, Dioula taboussi, Dioula Konga etc.) de Côte d'Ivoire. Les Malinkés de Côte d'Ivoire, sont comme des Bambaras, ils sont aussi appelés Dioulas, ce qui veut dire commerçant chez les Mandingues. Les Malinkés sont présents en Sierra Leone et au Libéria, mais ils y sont peu nombreux.

Les Malinkés de l'est du Sénégal sont les Diakhankés. Ils sont installés dans le territoire actuel du Sénégal depuis plusieurs siècles. Au Sénégal, les Mandingues, qu'ils soient Soninkés, Malinkés, Bambaras, etc., sont appelés Sossés par les Wolofs et les Sérères. Les Jalonkés sont présents en Guinée.

Les Malinkés et les Bambaras parlent la même langue, mais certains mots diffèrent. Leurs chasseurs sont appelés les Donsos.

LES LANGUES

La langue mandingue fait partie des langues mandées parlées par plus de dix millions de personnes réparties dans une quinzaine d'États d'Afrique de l’Ouest.

Outre la langue, les Mandingues partagent un corpus culturel commun comprenant :

- Une religion où le sacré est omniprésent
- Une société de tradition orale

LITERRATURE ORALE

Dans les sociétés mandingues, une grande part de la culture s'est constituée, diffusée et transmise sans recours à l'écrit, par le biais de la tradition orale. Il en a résulté une littérature orale comprenant de nombreux genres différents. On y trouve des épopées de divers types, certaines semi-historiques comme l'épopée de Soundiata. Certains longs récits sont de véritables romans d'amour comme celui de Lansinet et Soumba

ORGANISATION SOCIALE

Il existe deux groupes de Mandé qui sont les Mandé les Mandé sud.

• Les Mandé du sud

Hormis les Gagou et les Ngan, les Mandé du sud peuvent être considérés comme des sociétés patrilinéaires. En effet, les Gagou présentent des traits de bilinéarité. Dans le cas des ngan, il existe treize clans matrilinéaires regroupant tout individu d’origine ngan par sa mère. La parenté patrilinéaire était le cadre privilégié des activités de productions surtout pour les biens de consommations courante.la parenté matrilinéaire intervient davantage dans le processus de circulation des biens de prestiges matrimoniaux.

L’unité d’appartenance la plus vaste chez les Mandé sud est ce que l’on peut appeler « tribu ». Pour les Dan, on peut parler de microsociétés politiques groupés autour d’un clan aîné et de son patriarche au pouvoir juridico-religieux plus symbolique et idéologique que matériellement contraignant.

• Organisation sociale des Mandé du nord

Il regroupe les différents groupes Malinké et Dioula, peuples commerçants qui marqueront l’histoire de cette région. Chez les Mandé du nord, la descendance, le statut social, l’héritage et la succession sont régies suivant les règles du régime patrilinéaire. La famille patriarcale bien attendue la « Lou » des Malinké rassemble autour d’un patriarche « FA », ses frères cadets et ses fils, leurs épouses et leurs captifs, quelques clients et des étrangers en voie d’assimilation. Le lignage est généralement regroupé dans l’un des nombreux quartiers, des gros villages. Ainsi cohabitent des lignages appartenant à des clans différents. Dans le cas du mariage, il peut s’opérer entre lignages différents. Mais à l’intérieur d’un même clan, mariages entre cousins croisés est de préférence. Le frère d’un défunt épouse la veuve et seuls les hommes âgés pratiquent la polygamie.

Au sein de la famille patriarcale, la fonction du chef « FA » passe d’aîné au cadet. Le « FA » gère les biens du « LOU »( la cour) et distribue les tâches. Il veille au maintien de l’ordre. La société Mandingue est aussi composé d’hommes libres ou « horon », de captifs ou « djon » ou de castrés ou artisans.

Traditionnellement il s'agit d'une société :

- De castes comprenant : les nobles, les hommes de caste (les griots, les forgerons, les cordonniers) et les captifs
- De clans se définissant par un patronyme, un ancêtre, une devise et un interdit.

PATRONYME

Les patronymes mandingues courants sont :Condé, Kaba, Keïta, Konaté, Ouattara, Koté, Traoré, Cissé, Kébé, Camara, Ira, Yra, Konté, Coté, Soumah, Fatty, Touré, Kanté, Koné, Coulibaly, Sakho, Diarra, Sissoko, Cissokho, Souané, Guirassy, Berthé, Doumbouya, Soumaré, Diakhaby, Sylla, Fadiga, Diawara, Koita, Doucouré, Dramé, Minté, Bathily, Fadiga, Diakité, Diomandè, Sidibé, Sangaré, Dembélé, Kamissoko, Bagayogo (Bagayoko), Bayo, Doumbia, Sané, Sawané, Sima, Diaby, Fofana, Danfa, Djitté, Sano, Dramé, Mandiang, Darry, Youla, Minté, Gassama, Gnabaly, Mané. Il en existe encore plus d'une dizaine. On retrouve ces patronymes chez toutes les communautés formées par les Mandingues qu'ils soient francophones, anglophones ou lusophones. Quelques autres patronymes moins courants sont néanmoins portés par des descendants de chefs : Aïdara en Côte d'Ivoire notamment (Malinkés) et au Sénégal; le nom Aïdara est d'origine maure.

Les classes maraboutiques, appelées Maninka Mori et Mandé Mori (« marabout du Mandé »), portent en général les noms suivants : Kaba, Touré, Cissé, Dramé, Dabo, Diané, Berété (équivalent de Souané au Sénégal), Sakho, Sylla. Ils sont tous issus des Soninkés.

Les Griots, appelés Dyeli, portent souvent les noms : Cissokho, Kouyaté, Diabaté, Kamissoko, cependant ces patronymes se retrouvent souvent au travers de nombreuses castes.

Les soussous soumahoro en venant en Guinée ont pris Soumah pour garder le lien familial avec Soumahoro kanté leurs ancêtres.

Ouattara équivaut à Yattara en Guinée

Les individus de la caste des Nyamakhala (artisans), plus particulièrement les forgerons, portent les noms : Kanté, Diankha, Fané.

Les nobles Horo, portent en majorité les noms : Aïdara, Doumbia, Fakoly, Kaba, Condé, Keïta, Konaté, Diarra, Bathily, Sissoko,Traoré, Sokhna, Bakhayokho (Bagayoko), Sinayoko, Kébé, Dramé, Sylla, Niakhaté, Diagouraga, Minté, Soumaré, Souané (équivalent de Berété au Mali)].

La fréquence des noms, par rapport aux castes, ne peut pas réellement indiquer l'origine de ceux-ci, car chaque patronyme peut se retrouver dans toutes les couches sociales.

De nombreuses familles appartenant aux ethnies voisines ont intégré au fil des siècles le monde Mandingue, et vice-versa. C'est ainsi que l'ont peut remarquer des familles Mandingues portant des patronymes d'origine Wolof (Ndiaye, Diop, etc.), Peulh (Diallo, Diakhité, Sangaré, Sidibé etc), ou Mossi (Ouédraogo).

LE SANANKOUYA

Le Sanankounya ou Sounangouya est un système de cousinage, une forme « d'alliance » qui jouait le rôle de « pacte de non agression » entre les composantes de l´empire du mandingue sous Soundjata Keita. Tous les clans Mandingues étaient concernés par cette alliance dont l'origine part de la vallée du Nil et s´étendait à tous les royaumes de cet empire du Mali ou aussi empire du Mandingue, sous le règne de Soundjata Keïta. Le vrai but de ce pacte était d'éviter les affrontements, conflits, les guerres et aussi de calmer les tensions mêmes internes.

Le Sanankouya est beaucoup connu sous le nom de « parenté à plaisanterie », obligeant les différents clans à l'assistance, l'entraide, le respect réciproque, mais leur permettant aussi de se critiquer, de se taquiner. Ces alliances existent par exemple entre les clans Traoré et Diarra, entre les Keïta et les Souané, ou entre les Keïta et les Coulibaly. Le Sanankouya s'applique également entre deux membres d'ethnies différentes. Les Mandingues et les Wolofs entretiennent ce lien, il en est de même avec les Peuls. Les interdits du sanankouya étaient de faire ou de voir souffrir, de verser ou de faire verser le sang de son sanankou.

LES DIFFERENTES FETES CHEZ LES MANDES

 

Dioula (Bondoukou, Bassawa, Kong, Foumbolo, Satama-Sokoura, Satama-Sokoro, Ouango-fitini) : Tchologo (Mars)

Gbin   (Odienné, Tengréla): Fête des bénédictions à Goulia (Janvier); Kodjone à Bako (Mars); Konam (Septembre); Adoration du mont Kani (Novembre)

Malinké (Bako, Boko, Borotou, Dualla, Djiborosso, Guintéguéla, Koonan, Kani, Kaniasso, Mankono, Madinani, Ouaninou, Odienné, Séguéla,Tengrela, Samatiguila, Sarhala, Téningboué, Tienko, Touba, Worofla.): Fête annuelle du Mahimorisson (Mars); Fête annuelle de Ko-Djone (Mars) ; Konam (Septembre) ; Fêtes de Konam (Octobre)

Yacouba ou Dan (Logoualé, Man, Danané, Biankouma, Bin-Houin, Zouan-Ouhien, Zéal, Fakobly): Le Yablé : Fêtes des Ignames (Fevrier); GBA : Luttes, Jeux et Concours de masques (Février) Fête de l’Otchandy : Fête des centenaires (Février) Gbanin : Fête des circoncisions (Juillet) GBA : Jeux, Luttes et Courses (Juillet)

Le peuple Gours

 

 

LE PEUPLE GOUR

Dans le Nord et le nord-est nous trouvons la zone voltaïque qui occupe presque tout le Burkina Faso, le nord du Ghana et du Togo et du Bénin, ainsi que la vaste zone du Mali. Ses principales branches en Côte d'Ivoire sont les Sénoufo et les Lobi, que l'on retrouve en grand nombre au Mali et au Burkina Faso, ainsi que les Koulan go dont certains vivent au Ghana .

La Côte d'Ivoire possède le coin sud-ouest du vaste domaine occupé par les langues voltaïque; celles-ci forment un groupe dont l'unité génétique, moins évidente que pour le Mandé, est cependant probable. L'une de leurs principales caractéristiques, qui les oppose totalement aux Mandé, est l'existence de classes nominales qui évoquent celles du Bantu. Mais ces langues sont nombreuses, très différentes les unes des autres, et les peuples qui les parlent possèdent des cultures très variées. Il est donc difficile de généraliser; la réalité est pourtant simplifiée par la prépondérance de deux grands peuples, dont la majorité réside en Côte d'Ivoire, les Sénoufo et les Koulango, de part et d'autre du Comoé. Les Lobi et leurs voisins constituent aussi un noyau important

LE FÊTE CHEZ LES GOURS

BIRIFOR (Bouna): Brebo : Commémoration des Morts (février);

Fête des ignames (Juillet); Bregbam : Journées culturelles et Manifestations Populaires (Décembre)

GOUIN Sous-Groupe des Sénoufo  (Ferkéssédougou): Tchologo (Mars);

LAHRON (Doropo, Téhouini, Tingo, Varalé): Fête des Ignames (juillet);

SENOUFO (Boundiali, Dabakala, Diawala, Dikodougou, Ferkéssédougou, Fronan, Foumbolo, Guimbié, Katiola, Kasséré, Katiola, Korhogo, M’Bengué, Napiéléodougou, Kouto, Niakaramandougou, Nioufouin, Niélé, Sinématiali, Ouangolodougou, Sinématiali, Souroukaha, Sirasso, Tafiré, Tengréla, Tioroniaradougou, Tortiya): Fête annuelle des Bénédictions (Janvier); Le Niyogu, tous les 7 ans fins du Poro chez les Sénoufo (Aout).




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